Ericsson

Le projet d’Ericsson :

Déployer le potentiel des réseaux de télécommunications nuagiques pour bâtir une société durable du 21e siècle

Lorsque vous téléchargez un film, envoyez un message instantané ou achetez des billets de concert en ligne, vous faites appel à une importante capacité informatique. Elle vous permet d’obtenir des données, de faire des transactions commerciales électroniques ou de communiquer avec quelqu’un dans un autre pays, et ce, presque instantanément. De plus en plus, les serveurs, le matériel et les logiciels grâce auxquels nous pouvons effectuer ces tâches, sont hébergés ailleurs que chez les fournisseurs de services. Ils sont peu à peu déplacés vers le « nuage ».

L’infonuagique repose sur un réseau de serveurs distants hébergés sur Internet afin d’y stocker, gérer et traiter des données, plutôt que sur un serveur local. Elle offre maintes possibilités de réduction des coûts d’exploitation, de prestation de nouveaux services et de production de nouveaux revenus, de sorte que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à l’adopter, y compris les grandes multinationales du secteur des télécommunications. Ainsi, en octobre 2012, treize des plus importants fournisseurs du domaine se sont mobilisés en vue du développement de réseaux d’infonuagique virtuels. Ces entreprises sont à la recherche de moyens de gérer la croissance rapide de l’utilisation des réseaux de télécommunications et de tirer profit de la vague d’investissements mondiaux dans les services en nuage. On s’attend à ce que les sommes investies, évaluées à 55 milliards de dollars américains en 2011, doublent d’ici 2015, pour atteindre près de 130 milliards de dollars américains. Même si cette industrie est guidée par ces impératifs économiques, elle pourrait également profiter d’avantages environnementaux considérables grâce à l’infonuagique, qui aide à réduire le nombre d’équipements émetteurs de gaz à effet de serre dans le réseau.

Ericsson chapeaute un sous-projet Équation qui vise à aider les fournisseurs du secteur des télécommunications à tirer parti de ces possibilités. L’entreprise met au point des technologies destinées au « Ericsson Cloud System », un réseau de télécommunications nuagiques aussi robuste que les réseaux de télécommunications classiques, qui offre la même qualité de service. Le projet prévoit le développement du matériel et des logiciels utilisés par les opérateurs de réseaux et les centres de traitement de données29 pour gérer le réseau au moyen du nuage, tout en favorisant une réduction de la consommation énergétique. Ce qui est encore plus prometteur, est l’objectif que s’est donné Ericsson d’aider les centres de traitement de données à évaluer leur consommation d’énergie et à se servir de sources d’énergies renouvelables comme l’énergie éolienne, l’hydroélectricité et l’énergie solaire pour faire fonctionner le réseau. Cet objectif appuie directement la vision d’Ericsson d’une société réseautée et durable ainsi que les objectifs du projet Équation autant sur les plans économique, environnemental que social.

De concert avec des collaborateurs des universités et des PME, de partout au Québec, l’équipe de R-D d’Ericsson, à Montréal, travaille à la mise au point :

  • D’un logiciel qui permet de gérer et de contrôler ce réseau de télécommunications depuis le nuage, tout en utilisant des sources d’énergies renouvelables pour alimenter le réseau;
  • De matériel spécialisé qui prend en charge la mise en œuvre de « réseaux virtuels », aidant ainsi à réduire le nombre d’équipements physiques émetteurs de GES dans le réseau.

Un logiciel servant à gérer le réseau de télécommunications depuis le nuage

Pour saisir les nombreuses possibilités offertes par le réseau, les centres de traitement de données doivent disposer de nouveaux moyens de gérer un réseau virtuel (qui héberge, hors site, la fonction réseau). Dans le cadre de ce sous-projet Équation, Ericsson développe un logiciel destiné à offrir à ces installations, de nouvelles capacités de gestion de réseaux sur le Web. Grâce à ce logiciel, les centres de traitement de données pourront notamment mieux évaluer l’état et la durée de vie utile de l’équipement du réseau, déterminer l’impact des émissions de GES issues de cette infrastructure et alimenter le réseau par des sources d’énergies renouvelables. Il s’agit d’une tâche complexe, étant donné que l’énergie solaire et l’énergie éolienne sont des sources d’énergies intermittentes qui sont grandement tributaires de l’évolution des conditions météorologiques et climatiques. Ericsson souhaite concevoir des solutions grâce auxquelles le réseau pourra être alimenté par une source d’énergie renouvelable, puis faire appel automatiquement à une autre source d’énergie, si besoin il y a. Pour atteindre ces objectifs, l’entreprise travaille avec des chercheurs de l’École Polytechnique de Montréal, de l’ÉTS, de l’Université Laval et de l’Université McGill. Elle voit aussi à la mise au point de capacités logicielles spécialisées, avec Inocybe Technologies, une PME québécoise  qui développe une technologie de virtualisation de réseau.

Au cours de la dernière année, Ericsson et ses collaborateurs ont mis au point un prototype de cette solution de gestion de réseau. L’équipe a testé la fonctionnalité du logiciel dans un laboratoire de l’ÉTS au moyen de la technologie d’Ericsson. S’appuyant sur les résultats de cette première évaluation, Ericsson continue de peaufiner la fonctionnalité du logiciel. L’entreprise travaille maintenant à la commercialisation de cette technologie, et cherche à illustrer comment elle aidera les centres de traitement de données à mieux évaluer les émissions de GES du réseau et à réduire la consommation énergétique globale.

Du matériel qui définit une voie plus verte pour le trafic sur le réseau

La création d’un réseau de télécommunications nuagiques nécessite également du matériel spécialisé qui prend en charge la virtualisation. Pour les centres de traitement de données, la virtualisation permet aux fournisseurs de services de regrouper plusieurs serveurs physiques dans un seul et même serveur avec une isolation complète. Cela accroît l’efficacité des centres de traitement de données et les aide à obtenir de meilleurs résultats, à simplifier la gestion du réseau et à réduire le nombre d’équipements réseau coûteux, qui émettent du gaz carbonique. Selon les prévisions des analystes, l’infonuagique engendrerait une réduction de 31 % de la consommation énergétique, par les centres de traitement de données, de 2010 à 2020.

Par ailleurs, Ericsson souhaite utiliser, au sein de son réseau de télécommunications nuagiques, des techniques optiques afin d’optimiser la transmission de données sur les réseaux virtuels et d’assurer la fiabilité requise en matière de télécommunications. Pour ce faire, elle a besoin de composants de pointe, comme des commutateurs optiques qui acheminent ou dirigent automatiquement le flux de données sur le réseau. Ericsson travaille avec Dr David Plant, professeur James McGill titulaire d’une chaire de génie électrique et informatique, et son équipe de recherche à l’Université McGill, au développement de ce matériel optique.

« Il s’agit de notre premier projet concerté de R-D avec Ericsson, a affirmé Dr Plant. Nous avons la chance de travailler avec ce chef de file mondial de l’industrie et cela représente, pour les chercheurs et les étudiants de notre groupe de systèmes photoniques de McGill, une occasion unique d’acquérir des connaissances. Nous pourrons également mettre en commun nos compétences en photonique, en vue du développement d’un système commercial déployable à l’échelle planétaire. Il s’agit d’une expérience formidable pour notre équipe. »

Selon Pierre Boucher, directeur de la recherche chez Ericsson Canada, le projet Équation appuie directement les objectifs de l’initiative de société en réseaux d’Ericsson, visant à connecter toutes les personnes et tous les systèmes en temps réel, où qu’ils soient. « Si le trafic sur les réseaux continue de croître au rythme prévu, les réseaux de télécommunications existants pourraient ne plus suffire à la demande. Devant la migration d’un nombre accru d’équipements de télécommunications vers les centres de traitement de données, Ericsson entend offrir de nouvelles solutions de prestation de services en nuage aux acteurs de cette industrie. Les technologies, mises au point à Montréal, permettront aux fournisseurs du domaine des télécommunications, du Québec et d’ailleurs, de disposer de nouvelles capacités. Les innovations qui en découleront auront des retombées de taille sur l’économie québécoise et sur la société, de façon générale. »

M. Boucher souligne le rôle essentiel qu’a joué Prompt, coordonnateur du projet Équation, pour aider Ericsson à saisir cette occasion. « Les résultats de nos récents projets d’ÉcoloTIC, ont aidé notre équipe de R-D, à Montréal, à obtenir un mandat stratégique dans le cadre du « Ericsson Cloud System ». Cette initiative nous permet de tirer profit des fonds octroyés par le gouvernement du Québec, de l’expertise des chercheurs locaux et des PME comme Inocybe, et de nombreuses années de collaboration avec Prompt. Cela pourrait se traduire par de nouvelles initiatives de R-D qui aideront à conserver et à créer des emplois à Montréal, et seront source d’avantages pour nos employés, leurs familles et l’économie de la région. »

En plus des possibilités, à court terme, qu’offrent les réseaux de télécommunications nuagiques, ce projet est susceptible de faciliter l’aménagement de villes intelligentes et plus durables, dans l’ensemble du Québec. Le Québec dispose de nombreuses sources d’énergies renouvelables et cette technologie pourrait être déployée dans les réseaux gérés par des centres de traitement de données écologiques, partout sur son territoire. De tels réseaux contribueraient à réduire les émissions de gaz à effet de serre dégagées par l’infrastructure de télécommunications en place et le grand nombre d’applications et de services exécutés sur ces réseaux. M. Boucher est d’avis : « Qu’avec les réseaux de télécommunications nuagiques, le Québec pourra véritablement s’engager dans la voie du numérique, menant à une société durable du 21e siècle. »